mardi 25 septembre 2007

Mardi 25 septembre: l'heure, c'est l'heure

Edouard et Scarloute arrivent ce matin au lycée pour un cours de physique de trois heures, en demi groupe. Seulement, le problème, c'est qu'Edouard arrive quelques secondes après la deuxième sonnerie (la première, à 8h25, indique que nous devons nous diriger vers la salle de cours, et la deuxième, à 8h30, que le cours commence). Hors on nous avait bien dit que 2min de retard étaient tolérées. Sauf que ce matin, madame CPE est de mauvais poil (remarque, pas tant que ça, c'est normal, chez elle, je crois), et n'autorise pas Edouard à entrer en cours. Il a beau consulter l'horloge parlante en sa présence, rien n'y fait, l'autorité ne cédera pas. Scarloute arrive 30s plus tard, elle a donc quant à elle une minute de retard, alors évidemment, ce n'est pas possible. Résultat: ils sont obligés de rester au foyer des élèves. Pas le droit de sortir du lycée. Et trois heures de physique à rattraper en prime.
Scarloute a la crève depuis 4 jours, elle a failli ne pas venir, mais a pris son courage à deux mains pour sortir de son lit et être à l'heure. Résultat: elle se retrouve à l'infirmerie, car après tout, elle est coincée au lycée.
Edouard est juste ultra vénère.

Pendant ce temps, il y a la récré, je retrouve Scarloute, la convainc de monter en cours malgré l'interdiction. Mais arrivée en haut, trop honnête et dépitée, elle demande au prof de physique si elle peut rester, il lui demande si elle a eu l'autorisation, elle répond que non, il lui dit donc qu'elle ne peut pas, et la regarde partir le vague à l'âme, un poil coupable.
Après ça je lui demande si ça a toujours été ainsi, il me répond que les années précédentes c'était tout le contraire, que les élèves faisaient ce qu'ils voulaient et qu'en quelque sorte on était passé d'un extrême à un autre. Je lui explique que donc, au final, il n'y a pas plus d'élèves en cours et que la seule différence c'est que maintenant c'est le lycée qui les en prive, plutôt qu'eux même. Il ne répond que par un haussement d'épaule dubitatif.

Le midi, je mange en compagnie d'un des surveillants du lycée, réouvre le débat, et obtient son avis sur la question, ce qui nous amène au vrai problème: la tranche d'âge concernée par ce lycée: on y côtoie aussi bien les gens sortant d'études supérieures, du milieu professionnel, que du lycée, et même du collège pour les CAP. Alors forcément, au collège on pense pas forcément quand on arrive en retard à un cours pour une raison ou une autre "ce retard, ça me fait perdre du temps sur le cours, je passe à côté de quelque chose, je compromets mon futur, etc." Seulement, comme l'expliquait si bien Scarloute plus tard au cours de maths, quand on a 21 ou 24 ans comme c'est respectivement son cas et celui d'Edouard, on a bien mieux à faire que d'être contraint à perdre 3h de notre temps d'étude parce qu'on a 30 secondes (et je n'exagère pas) de retard, et qu'on est coincé par un système de répression scolaire.

Si un jour on m'empêche d'entrer en cours pour un retard justifié ou inférieur à 2 min, j'escaladerai le mur, je passerai par derrière, je m'en fous je trouverai bien une feinte, et si mon geste est puni, je fais la grève.
QU'ON NOUS LAISSE ÉTUDIER, BORDEL!

1 commentaire:

heureux a dit…

T'as oublié le passage ou Mme la CPE et Mme la Proviseur m'ont dit : "on ne discute pas avec les élèves"...

On peut me rappeler le but premier de leurs métiers?

L’animation éducative : relation et contacts directs avec les élèves sur le plan collectif (classes ou groupes) et sur le plan individuel (comportement, travail, problèmes personnels) ; foyer socio éducatif et organisation des temps de loisir ; organisation de la concertation et de la participation (formation, élection des délégués ...).

cf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseiller_principal_d%27%C3%A9ducation