vendredi 28 septembre 2007

Vendredi 28 septembre: le lycée est un lieu public

Nous avions le matin cours de prise de vue numérique. On nous demande de réaliser un portrait. Je décide d'emmener mon modèle au CDI car j'ai besoin de livres en arrière-plan. Je demande, par politesse uniquement, à la documentaliste si cela ne la dérange pas. Elle me répond alors qu'on n'a pas le droit de prendre de photo dans le CDI sans autorisation. Bon. J'ai bien compris que la mutinerie est inutile, ça y est, je commence à prendre la pli. Elle ajoute que dans tout espace public, il faut une autorisation. Bon. Je vous rappelle que l'on parle du CDI d'un lycée de photographie.
Elle appelle l'administration, ça prend trois plombes, la directrice n'est pas là, je souligne que j'ai le portrait à rendre dans une demie heure, elle monte à l'administration. Je fonce au bureau de la CPE, je tombe sur la vieille bique. Ô Miracle, ça la fait exploser de rire "Nan mais elle est grave celle là", me dit elle, (comme si ses réactions à elle étaient par ailleurs tout à fait fondées) et j'avoue, j'ai du mal à voir en elle une alliée. Mais la vie est pleine de surprises et l'espoir fait vivre. Et après une petite demie heure, la documentaliste revient (oui, il y avait eu la récré entre-temps) et nous sommes libres d'exploiter les droits à l'image du CDI...

mardi 25 septembre 2007

Mardi 25 septembre: l'heure, c'est l'heure

Edouard et Scarloute arrivent ce matin au lycée pour un cours de physique de trois heures, en demi groupe. Seulement, le problème, c'est qu'Edouard arrive quelques secondes après la deuxième sonnerie (la première, à 8h25, indique que nous devons nous diriger vers la salle de cours, et la deuxième, à 8h30, que le cours commence). Hors on nous avait bien dit que 2min de retard étaient tolérées. Sauf que ce matin, madame CPE est de mauvais poil (remarque, pas tant que ça, c'est normal, chez elle, je crois), et n'autorise pas Edouard à entrer en cours. Il a beau consulter l'horloge parlante en sa présence, rien n'y fait, l'autorité ne cédera pas. Scarloute arrive 30s plus tard, elle a donc quant à elle une minute de retard, alors évidemment, ce n'est pas possible. Résultat: ils sont obligés de rester au foyer des élèves. Pas le droit de sortir du lycée. Et trois heures de physique à rattraper en prime.
Scarloute a la crève depuis 4 jours, elle a failli ne pas venir, mais a pris son courage à deux mains pour sortir de son lit et être à l'heure. Résultat: elle se retrouve à l'infirmerie, car après tout, elle est coincée au lycée.
Edouard est juste ultra vénère.

Pendant ce temps, il y a la récré, je retrouve Scarloute, la convainc de monter en cours malgré l'interdiction. Mais arrivée en haut, trop honnête et dépitée, elle demande au prof de physique si elle peut rester, il lui demande si elle a eu l'autorisation, elle répond que non, il lui dit donc qu'elle ne peut pas, et la regarde partir le vague à l'âme, un poil coupable.
Après ça je lui demande si ça a toujours été ainsi, il me répond que les années précédentes c'était tout le contraire, que les élèves faisaient ce qu'ils voulaient et qu'en quelque sorte on était passé d'un extrême à un autre. Je lui explique que donc, au final, il n'y a pas plus d'élèves en cours et que la seule différence c'est que maintenant c'est le lycée qui les en prive, plutôt qu'eux même. Il ne répond que par un haussement d'épaule dubitatif.

Le midi, je mange en compagnie d'un des surveillants du lycée, réouvre le débat, et obtient son avis sur la question, ce qui nous amène au vrai problème: la tranche d'âge concernée par ce lycée: on y côtoie aussi bien les gens sortant d'études supérieures, du milieu professionnel, que du lycée, et même du collège pour les CAP. Alors forcément, au collège on pense pas forcément quand on arrive en retard à un cours pour une raison ou une autre "ce retard, ça me fait perdre du temps sur le cours, je passe à côté de quelque chose, je compromets mon futur, etc." Seulement, comme l'expliquait si bien Scarloute plus tard au cours de maths, quand on a 21 ou 24 ans comme c'est respectivement son cas et celui d'Edouard, on a bien mieux à faire que d'être contraint à perdre 3h de notre temps d'étude parce qu'on a 30 secondes (et je n'exagère pas) de retard, et qu'on est coincé par un système de répression scolaire.

Si un jour on m'empêche d'entrer en cours pour un retard justifié ou inférieur à 2 min, j'escaladerai le mur, je passerai par derrière, je m'en fous je trouverai bien une feinte, et si mon geste est puni, je fais la grève.
QU'ON NOUS LAISSE ÉTUDIER, BORDEL!

vendredi 21 septembre 2007

Vendredi 21 septembre: le bonnet

En arrivant le matin, Scarloute s'est faite engueulée par la directrice parce qu'elle portait un bonnet dans le lycée.




A la cantine, on était les premiers arrivés au service de 11h45, le couloir, le refectoire: désertiques. On a commencé à s'approcher de l'entrée du self. Initiative rejetée: on nous demande de retourner attendre en haut des escaliers.


vendredi 14 septembre 2007

Vendredi 14 septembre: envolée lyrique de M. Bucamp



M. Bucamp: "Regardez! c'est la femme! c'est doux, c'est rond!"

mercredi 12 septembre 2007

Mercredi 12 septembre: l'autorisation de sortie du territoire scolaire

Nous sommes en demi-groupe. Une moitié reste en studio tandis que les autres ont un travail à faire à l’extérieur. Ils ont pour cela une autorisation de sortie portant le tampon du lycée.
Ils partent et reviennent : on refuse de les laisser sortir sans le professeur.

mardi 11 septembre 2007

Mardi 11 septembre: 9/11

La première partie de la journée se déroule sans encombre. Jusqu’ici, il y a sans faute : chaque jour m’aura fourni une anecdote. L’après-midi, une visite est prévue au musée d’Orsay. Rentrant de la cantine, nous attendons devant l’école le prof pour nous rendre à l’exposition. 5 minutes, 10 minutes, je vois les autres rentrer. Visiblement, le prof nous attendait dans la salle de cours. Jusqu’ici tout va bien. Nous montons, mais j’ai à peine le temps de fouler la dernière marche que déjà le groupe fait demi tour : le prof exige que nous remplissions un billet de retard. Clouée mais presque habituée, j’arrive la première au bureau des surveillants. Qu’est-ce qu’on peut bien écrire dans la case motif ? J’opte pour « attente à l’extérieur ».


Mais ce n’est pas fini. Une fois en cours, hormis le fait que seules deux personnes sur 11 avaient eu l’idée de monter, et avaient donc échappé au retard, on a droit à un sermon du prof. « Vous êtes tributaires d’une structure, moi, je suis à l’heure. Peut-être que certains d’entre vous ont connu la fac, mais ici, vous êtes tenus d’être à l’heure ». J’abrège, mais son monologue s’étend. Là, l’un d’entre nous lève la main pour intervenir. 5 minutes avant le début du cours, on l’attendait à l’extérieur, il n’est pas question de retard, ni de volonté de prouver qu’on est des rois. Il y a juste eu malentendu. Et, comme si la justification n’avait pas atteint les oreilles du destinataire, celui ci recommence son sermon, comme si ça ne changeait rien. Et termine, enfin, par : « Voilà, il est 13h36, j’avais dit au musée qu’on arriverait à 13h45, je ne sais pas s’ils vont nous accepter ». Autrement dit, ça fait 20 minutes que nous attendons pour aller au musée. Dix minutes dehors, 10 autres à remplir un bulletin de retard et se faire allumer comme des malpropres avec le prétexte bidon des ados désobéissants.
Et, cerise sur le gateau, la CPE, voyant le nouveau retard de Scarloute (il faut savoir que j’en ai autant qu’elle), la menace de ne pas signer son admission en cours à son prochain retard. Scarloute ne peut retenir un « J’irai quand même », ce à quoi la CPE répond « C’est ce qu’on verra ». La guerre est déclarée.

Un lycée professionnel où on empêche les élèves d’aller en cours et où on blâme leur prise d’initiative par un discours sans fondement ne m'inspire qu'un seul mot : antipédagogie.

lundi 10 septembre 2007

Lundi 10 septembre: répression ou laxisme?

Le matin, en technologie, la prof sort de la salle pour aller faire des photocopies. Elle revient bredouille quelques secondes plus tard : elle n’a pas eu le droit d’aller les faire, car elle est pas autorisée à nous laisser seuls en classe.

A 15h, nous avons cours de physique. Le prof demande : « Quelqu’un a une cigarette ? j’ai besoin d’un fumeur ». Oui, un fumeur en classe. C’est pour cracher de la fumée sur le rayon rouge dans la cadre du TP sur la diffraction. Après toutes nos aventures et batailles contre l’administration, je suis scotchée.


vendredi 7 septembre 2007

Vendredi 7 septembre: les retards, ça n'a pas d'importance

L’emploi du temps indiquait que nous autres du groupe 2 commencions à 9h30. Parfait. J’appelle Scarloute le soir même, histoire d’être sûre. Elle confirme mon interprétation de l’emploi du temps (je dis bien interprétation, une boule de cristal eut été à peine plus claire).
Arrivée comme prévue le lendemain matin à 9h30. Sur le chemin, Scarloute m’appelle, elle est en avance pour ne pas se faire tuer à coups de pistolet à eau (elle joue à streetwars), en compagnie du groupe 1 qui attend pour entrer en cours. La blague. C’était au groupe 1 de commencer à 9h30. Je lui dis de ne pas se dégonfler, aux yeux de la loi, c’est écrit noir sur blanc, on est à l’heure. Reste à l’expliquer à la CPE. Pleines d’espoir, nous toquons à la porte de notre cours sans passer par le bureau des surveillants. On explique le problème à la prof, qui nous répond qu’on est obligé de remplir un bulletin de retard. On est indignées. En fait, l'annonce avait été faite la veille en cours, juste avant que Scarloute et moi rentrions de la cantine, et pas répétée à notre arrivée. La prof propose de nous accompagner voir la CPE, l'histoire passera mieux dans sa bouche, c’est sûr. On ne s’en sort pas, ils veulent quand même nous faire remplir ce fameux billet. J’explique que c’est injuste et que c’est quand même un bulletin de retard. La CPE réplique « Non, les billets de retard, ce n’est pas grave, ce sont les absences qui comptent ». Et elle ajoute « …il faut juste que vous n’en ayez pas d’autre. » OK, donc ça compte pas mais ça compte. Bonjour les explications.
Ca fait tout de même deux billets de retard à la con en deux jours.
La CPE ne manque pas non plus l’occasion d’abuser de sa petite autorité en engueulant Scarloute parce qu’elle a été en retard la veille ainsi que le jour de la rentrée. A part ça, les retards, ça compte pour du beurre.
Ca promet.

jeudi 6 septembre 2007

Jeudi 6 septembre: les toilettes

Premier vrai jour de cours. Donc premier vrai jour de cantine. On fait la queue au lycée/collège , ça prend un peu de temps. Ah, et pour aller à la cantine, il faut être accompagné par un surveillant du lycée (le jour de la rentrée on nous avait dit : « n’essayez même pas d’y aller seul, et pour peu que vous arriviez à passer la première porte, vous serez recalés à la deuxième »).
On arrive donc à la cantine, raviolis bolognaise (on a même du fromage râpé dessus, c’est de la folie !), si c’est pas un bel accueil pour un retour à la vie d’élève, ça ! Parfait pour l’occase.


20 minutes plus tard, on nous dit qu’il faut partir, si on ne veut pas louper la première heure. Scarloute monte en cours, moi je vais aux toilettes, je n’ai pas eu le temps d’y aller avant la cantine.
J’en sors et m’apprête à prendre les escaliers pour monter en cours. Là j’entends la surveillante qui m’appelle : « Hého jeune fille ! » « Oui ? » « Viens ici, tu es en retard. » « Pardon ? mais je suis juste allée aux toilettes ! » « Tu faisais quoi avant ? » « Bah j’étais à la cantine ! » « Attends, ça fait au moins 5min qu’ils sont revenus de la cantine… » « Euh oui, le temps d’aller aux toilettes ?… ».
Mais forcément après tous ces blablas inutiles, je commençais à être vraiment en retard. Je remplis donc le billet de retard et suis enfin autorisée à monter en cours.
Premier jour de cours, premier retard.
On ne m’y prendra plus !

mercredi 5 septembre 2007

Mercredi 5 septembre: la réunion d'intégration

Je me pointe à 8h30, la tête dans le cul, le réveil a été dur à 6h15, toute haletante car craignant d’être à la bourre et de ne plus pouvoir rentrer car l’interclasse est passé. Manifestement c’est le cas, il n’y a personne dehors. Je sonne, on m’ouvre. « C’est pour quoi ?-Excusez-moi, où sont parti les Bac pro ?-Mais il n’y a personne mademoiselle.-Pardon ?-Oui, personne, juste les femmes de ménage, je vous assure. » Sur ces mots, la directrice passe la porte , je l’attrape (oui, vraiment, ça la surprend, d’ailleurs) « Excusez-moi, Madame, à quelle heure à lieu la réunion des bac pro ?-9h30, pourquoi ?-Bon, je crois que je vais aller me promener. »

Voilà, juste ça. Premier jour, j’ai une heure d’avance.

Ah, et autre chose importante: à dater de ce jour, et à l'issue de la réunion d'intégration, Scarloute a été officiellement dresseuse d'ours et de dauphins au zoo de Vincennes pendant deux ans, après son bac, et elle a réussi son entretien d'entrée en photographie en montrant au jury des photos de poils d'ours et de dauphins, car oui, les dauphins ont des poils.

mardi 4 septembre 2007

Mardi 4 septembre: la rentrée

Le jour de la rentrée, nous passons près d’une heure à lire le règlement intérieur dans son intégralité, notre professeur principal y tient. Nous apprenons qu’entre autres, nous n’avons pas le droit d’entrer dans le lycée en dehors des heures d’interclasse, et que les professeurs n’accepteront pas plus de deux minute de retard au cours.
Bon, il va falloir prendre le pli.

La blague, c’est qu’on nous demande de rendre un accusé de réception prouvant que nous avons lu et que nous acceptons le règlement intérieur. Sauf que cet accusé se trouve au verso du règlement en question.
Respectez le règlement, mais découpez le pour nous prouver que vous êtes de bonne foi !…




Scarloute et moi avons rendez-vous avec une agence et devons partir avant les autres. Avant ça nous demandons à notre « prof principale » à quelle heure est notre « réunion d’intégration » avec les Bac pro deux ans le lendemain. Elle nous répond 8h30. C’est vrai que 8h30 du mat, c’est l’idéal pour s’intégrer.