mardi 11 septembre 2007

Mardi 11 septembre: 9/11

La première partie de la journée se déroule sans encombre. Jusqu’ici, il y a sans faute : chaque jour m’aura fourni une anecdote. L’après-midi, une visite est prévue au musée d’Orsay. Rentrant de la cantine, nous attendons devant l’école le prof pour nous rendre à l’exposition. 5 minutes, 10 minutes, je vois les autres rentrer. Visiblement, le prof nous attendait dans la salle de cours. Jusqu’ici tout va bien. Nous montons, mais j’ai à peine le temps de fouler la dernière marche que déjà le groupe fait demi tour : le prof exige que nous remplissions un billet de retard. Clouée mais presque habituée, j’arrive la première au bureau des surveillants. Qu’est-ce qu’on peut bien écrire dans la case motif ? J’opte pour « attente à l’extérieur ».


Mais ce n’est pas fini. Une fois en cours, hormis le fait que seules deux personnes sur 11 avaient eu l’idée de monter, et avaient donc échappé au retard, on a droit à un sermon du prof. « Vous êtes tributaires d’une structure, moi, je suis à l’heure. Peut-être que certains d’entre vous ont connu la fac, mais ici, vous êtes tenus d’être à l’heure ». J’abrège, mais son monologue s’étend. Là, l’un d’entre nous lève la main pour intervenir. 5 minutes avant le début du cours, on l’attendait à l’extérieur, il n’est pas question de retard, ni de volonté de prouver qu’on est des rois. Il y a juste eu malentendu. Et, comme si la justification n’avait pas atteint les oreilles du destinataire, celui ci recommence son sermon, comme si ça ne changeait rien. Et termine, enfin, par : « Voilà, il est 13h36, j’avais dit au musée qu’on arriverait à 13h45, je ne sais pas s’ils vont nous accepter ». Autrement dit, ça fait 20 minutes que nous attendons pour aller au musée. Dix minutes dehors, 10 autres à remplir un bulletin de retard et se faire allumer comme des malpropres avec le prétexte bidon des ados désobéissants.
Et, cerise sur le gateau, la CPE, voyant le nouveau retard de Scarloute (il faut savoir que j’en ai autant qu’elle), la menace de ne pas signer son admission en cours à son prochain retard. Scarloute ne peut retenir un « J’irai quand même », ce à quoi la CPE répond « C’est ce qu’on verra ». La guerre est déclarée.

Un lycée professionnel où on empêche les élèves d’aller en cours et où on blâme leur prise d’initiative par un discours sans fondement ne m'inspire qu'un seul mot : antipédagogie.

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